jeudi 25 novembre 2010

Les Jeudis d'Edgar - 25 - La Résistance Slow

Chaque jeudi (ou presque...) je viens vous présenter un échantillon de l'œuvre et de la pensée d'Edgar Morin. Je souhaite ainsi, en rapprochant à ma modeste mesure ses idées de la politique en général et du MoDem en particulier, nourrir les débats qui prendront place pour définir, et éventuellement mettre en application, ce nouveau modèle de société que des millions de français ont appelé de leurs vœux en mai 2007.

Si la vie d'Edgar Morin devait se résumer en un mot, ce serait "Résistance". Résistance à la douleur lorsqu'enfant il perd sa mère. Résistance à l'occupation allemande. Résistance au communisme stalinien. Résistance au colonialisme. Résistance à ses propres démons. Résistance à la facilité. Résistance à la réduction des idées, à la compartimentation des savoirs.


C'est de cette succession de résistances, parfois simultanées, à la fois antagonistes et complémentaires, qu'il a forgé sa pensée complexe. En ont émergé des ouvrages essentiels tels que "L'homme et la mort", "Autocritique", "Mes démons", "Terre-Patrie" et bien sûr "La Méthode".

Aujourd'hui, dans nos sociétés toujours plus stressées et stressantes, où l'on va d'excès hallucinants en insupportables gaspillages, où l'on produit pour consommer pour produire, où l'on existe pour gagner du temps libre qu'on s'empresse aussitôt de délimiter, de chronométrer et de valoriser, etc... quelle forme pourrait prendre la Résistance?

Edgar Morin a son idée: la modération. Il prépare d'ailleurs un prochain ouvrage dans lequel il exposera, après Aristote ou Montesquieu, sa propre théorie de la modération. En ce sens, il avoue être partisan de ce qu'on appelle aujourd'hui le Slow Life, que l'on pourrait traduire littéralement par la Vie Lente.



Lorsqu'on joue une partition musicale, le but n'est pas la note finale mais la meilleure interprétation possible. Par analogie, le but de la vie doit-il être un quelconque succès promis au bout d'une chemin parcouru au pas de course effrénée d'école en collège, de lycée en université, de stage en CDI, de promotion en augmentation? Ou doit-il être de profiter du chemin, de prendre le temps de s'écouter soi-même, de comprendre ses proches, de respecter notre environnement et d'en prendre soin?

Les adeptes du Slow Life penchent clairement pour la seconde option et se sont organisés en un mouvement international en essor. Il serait réducteur d'y voir une simple éloge de la lenteur ou pire, de la paresse ; il s'agit bien d'une véritable philosophie de vie, exportée d'Italie où sont nées les premières Slow Cities.

Il s'agit de ralentir, de rétrograder (au sens automobile du terme) dans tous les aspects de sa vie, les principes Slow se déclinent à propos dans un esprit de respect des autres et de l'environnement et de curiosité pour les choses simples. Le Slow s'applique aussi bien, par exemple, à la nourriture qu'aux voyages ou qu'à l'Art. On parle alors de Slow Food, Slow Travel, Slow Art...

Pour moi, c'est une découverte récente qui m'intrigue au plus haut point et que je vais prendre le temps d'approfondir... en allant me promener ici ou .

Pour en savoir plus sur la vie de résistant d'Edgar Morin, il y a cette rencontre FNAC tout en lenteur.

Pour lire ou relire tous les épisodes des Jeudis d'Edgar, c'est par ici.


Aurélien

1 commentaires:

Medium serieux a dit…

Votre blog est une source d’infos, je suis un lecteur assidu et je vous souhaite bonne continuation.

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